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Kunst

Les 150 ans de l’impressionnisme

"Impression, soleil levant" hedder Claude Monets maleri fra 1872, der til daglig hænger på Marmottan i Paris.

FRANSKTIMEN – Pour le 150ème anniversaire de la première exposition impressionniste, le musée d’Orsay à Paris propose cette année une grande rétrospective de ce courant artistique. Une rétrospective qui ne s’arrête pas à Paris, puisque de nombreuses œuvres seront prêtées dans toute la France.

Af Olivier Lesénécal

OBS – DANSK OVERSÆTTELSE FINDES I BUNDEN

Il y a tout juste 150 ans, le 15 avril 1874, s’ouvrit à Paris dans les anciens ateliers du célèbre photographe Nadar, une exposition qui allait révolutionner l’histoire de l’art. C’était la première exposition de ce que l’on appela très vite l’impressionnisme.

Pour comprendre le bouleversement que cette exposition provoqua, il faut revenir un peu en arrière, jusqu’au règne de Louis XIV, lorsque fut fondée l’Académie royale de peinture et de sculpture dont l’un des buts était d’organiser périodiquement des expositions d’œuvres d’artistes agrées par l’Académie. Ces expositions prirent le nom de « Salon de peinture et de sculpture ». Pendant des décennies, le « Salon », comme on finit par l’appeler, exerça un véritable monopole sur la peinture et la sculpture. Seul un art exemplaire approuvé par l’Etat et moralement sans reproche pouvait être exposé. Ainsi, par exemple, on ne pouvait représenter des corps nus, notamment de femmes, si ce n’était dans un contexte historique, représentant souvent des scènes édifiantes de la mythologie ou de l’Antiquité.

Le choix était fait par un jury qui refusait de plus en plus d’œuvres, comme en 1863, où plus de la moitié des œuvres ne fut pas acceptée. Et quand un amateur d’art voulait acheter un tableau, pour en connaître la valeur marchande, il retournait le tableau. S’il s’y trouvait un R, c’est que le tableau avait été refusé, d’où évidemment sa moindre valeur.

Devant les protestations de nombreux artistes, l’empereur Napoléon III fut même obligé d’organiser un « Salon des Refusés. » Mais les réactions négatives et ironiques du public mirent bien vite fin à cette expérience. Il fallut d’ailleurs attendre 1880 pour que le ministre Jules Ferry officialisa par décret la fin du monopole de l’Académie sur l’organisation du Salon. C’est dans ce contexte, que 30 artistes en colère contre l’art officiel, femmes et hommes, ayant fondé la « Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs », exposèrent 165 tableaux, dont certains firent date dans l’histoire de l’art.

Mauvaise impression

Parmi les 30 artistes représentés, ceux qui deviendront immensément célèbres sont présents, comme Monet, Renoir, Sisley, Pissaro, Cézanne ou Degas, qui est le fondateur de la Société anonyme, en 1873. Mais aussi d’autres peintres qui furent par la suite plus ou moins oubliés.

L’organisation de l’exposition ne fut pas facile. Il fallut convaincre certains artistes d’y participer car l’exposition se voulait révolutionnaire, « libre, sans jury, sans récompense honorifique ». C’était en fait une véritable déclaration de guerre à l’encontre des structures artistiques officielles et le risque était grand pour les artistes d’être à jamais exclu du monde de l’art. Manet, par exemple, qui fit scandale avec son fameux Déjeuner sur l’herbe, et qui rêvait d’une médaille au Salon (il finit par en obtenir une en 1881, ainsi que la Légion d’Honneur), refusa d’y participer. C’est aussi une exposition assez éclectique, et peu homogène, car les artistes (et leur style) sont très différents les uns des autres.

C’est un tableau, l’un des plus connus aujourd’hui, qui va donner son nom à ce mouvement artistique, un tableau que Monet avait d’abord intitulé Vue du Havre. Le frère d’Auguste Renoir, Edmond Renoir, qui était chargé de l’organisation de l’exposition, lui demanda de trouver un titre moins banal. Mettez Impression, répondit Monet, Edmond Renoir y ajouta Soleil Levant. Le mot fut repris par un journaliste qui, pour se moquer, titre son article dans le journal Charivari, « l’exposition des impressionnistes ».  

Malgré un certain intérêt du public, les critiques sont mauvaises et les institutions d’alors méprisent cette peinture. C’est aussi un échec commercial, seules quatre œuvres seront vendues. Inimaginable aujourd’hui, même Renoir ne vendit aucune toile…

Affamés d’indépendance

Il faut dire que les impressionnistes rompaient complètement avec les pratiques artistiques de l’époque. Non seulement ils se contentent de peindre la nature, sans référence à l’histoire ou à la mythologie, mais ils peignent également en plein air, délaissant le confort des ateliers. Il ne s’agit plus d’imiter le réel, mais bien plutôt de rendre sur une toile la vision de l’artiste. C’est pour cette raison que le public ou les critiques d’art, qui n’y comprenaient rien, parlaient de « gribouillage », comme la peinture des enfants. Pour eux les œuvres n’étaient tout simplement pas terminées…

L’apogée de la peinture impressionniste en France se situe entre 1874 et 1882, années pendant lesquelles 7 expositions furent organisées. Même si le style des artistes était très différent, ainsi que leurs personnalités, les peintres formaient un groupe informel fait d’amitiés et d’entraide. Ainsi le peintre Caillebotte, qui avait une fortune personnelle, achetait des toiles à ses amis. Fréderic Bazille paya les dettes de Monet et offrit à Renoir de partager son atelier.

Car la situation matérielle des impressionnistes était bien différente de celle qu’avait connue les peintres du 18ème siècle ou du début du 19ème siècle, qui vivaient plutôt bien de commandes venues de l’aristocratie, du clergé, puis de la bourgeoisie. Les impressionnistes, eux, « affamés d’indépendance », comme l’écrit le musée d’Orsay, étaient affamés tout court, tant beaucoup vivaient dans une presque misère.

Mais à la fin du 19ème siècle, l’impressionnisme acquit une dimension internationale. Dans toute l’Europe, aux Etats-Unis, et jusqu’en Chine et au Japon, les artistes adoptèrent les méthodes des peintres français, et sortirent des ateliers pour peindre la nature, mais aussi la modernité des villes. Et comme on le sait, la cote des peintres impressionnistes atteint de nos jours des sommets, comme cette toile de Monet, Le Bassin aux nymphéas, vendue en 2023 pour 74 millions de dollars…  

Outre l’exposition-phare au musée d’Orsay, soixante-dix-huit œuvres vont être réparties dans trente-quatre musées de France et envoyées dans treize régions, des Hauts-de-France jusqu’à La Réunion. « Paris 1874. Inventer l’impressionnisme », du 26 mars au 14 juillet, musée d’Orsay, Paris 7ème.  www.musee-orsay.fr


DANSK OVERSÆTTELSE

150 år med impressionismen

Til fejring af 150-årsdagen for den første impressionistiske udstilling præsenterer Musée d’Orsay i Paris i år en stor retrospektiv udstilling af denne kunstretning. Et tilbageblik, der ikke begrænser sig til Paris, idet mange værker vil blive udlånt til hele Frankrig.

For præcis 150 år siden, den 15. april 1874, åbnede en udstilling i Paris i den berømte fotograf Nadars gamle atelier, som skulle revolutionere kunsthistorien. Det var den første udstilling af det, man snart ville kalde impressionismen.

For at forstå den omvæltning, som udstillingen forårsagede, er vi nødt til at bevæge os lidt tilbage i tiden, til Louis XIV’s regeringstid, hvor Académie royale de peinture et de sculpture blev grundlagt med det formål jævnligt at organisere udstillinger af værker af kunstnere, som var godkendt af Akademiet. Disse udstillinger fik navnet “Salon de peinture et de sculpture” (Salon for maleri og skulptur, red.) I årtier havde “Salon’en”, som den endte med at blive kendt, et reelt monopol på maleri og skulptur. Kun eksemplarisk og moralsk uangribelig kunst kunne godkendes af staten og udstilles. For eksempel kunne nøgne kroppe, især kvinders, kun repræsenteres i en historisk kontekst, ofte med opbyggelige scener fra mytologien eller antikken.

Udvælgelsen blev foretaget af en jury, som afviste flere og flere værker. I 1863 blev f.eks. mere end halvdelen af værkerne afvist. Og når en kunstsamler ville købe et maleri, vendte han maleriet om for at få en idé om dets markedsværdi. Hvis der var et “R” på bagsiden, betød det, at maleriet var blevet afvist, og dermed var mindre værd.

På grund af mange protester fra kunstnere var kejser Napoleon III nødt til at organisere en “Salon des Refusés” (Salon for de afviste, red.). Men det negative og ironiske publikum satte hurtigt en stopper for denne oplevelse. Først i 1880 gjorde minister Jules Ferry ved dekret en ende på Akademiets monopol på organiseringen af Salonen. Det var i denne kontekst, at 30 kunstnere, både kvinder og mænd, der var vrede på den officielle kunst, grundlagde “Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs” (Den anonyme forening af malere, skulptører og gravører, red.) og udstillede 165 malerier, hvoraf nogle blev skelsættende i kunsthistorien.

Dårlig modtagelse

Blandt de 30 repræsenterede kunstnere var der en række, der senere skulle blive enormt berømte, som Monet, Renoir, Sisley, Pissarro, Cézanne og Degas. Disse grundlagde Société anonyme i 1873. Men også andre malere, som senere blev mere eller mindre glemt, deltog.

Organiseringen af udstillingen var ikke let. Nogle kunstnere skulle overtales til at deltage, fordi udstillingen gerne ville være revolutionerende, “fri, uden jury, uden æresbelønning”. Det var faktisk en veritabel krigserklæring mod de officielle kunststrukturer, og risikoen som kunstnerne løb for at blive udelukket fra kunstverdenen for evigt, var stor. For eksempel nægtede Manet, der skabte skandale med sin berømte “Frokost i det grønne” og drømte om en medalje på Salonen (han fik til sidst én i 1881, foruden Æreslegionen), at deltage. Det var også en temmelig eklektisk og lidt uensartet udstilling, fordi kunstnerne (og deres stil) var meget forskellige fra hinanden.

Det blev et maleri, der i dag er et af de mest kendte der skulle give navn til denne kunstbevægelse – et maleri, som Monet oprindeligt kaldte “Udsigt over Le Havre”. Auguste Renoirs bror, Edmond Renoir, som var ansvarlig for organiseringen af udstillingen, bad ham finde en mindre banal titel. Skriv “Indtryk” (impression, red.), svarede Monet, og Edmond Renoir tilføjede “ved Solopgang”. Ordet “indtryk” blev brugt af en journalist, der for at gøre nar, kaldte sin artikel i avisen Charivari, “impressionisternes udstilling”.

På trods af en vis interesse fra offentligheden var kritikken dårlig, og tidens kunstinstitutioner ringeagtede værkerne. Det var også en kommerciel fiasko: kun fire værker blev solgt. Det er svært at forestille sig i dag, at selv Renoir ingen malerier solgte.

Sultne efter uafhængighed

Det skal siges, at impressionisterne brød fuldstændigt med datidens kunstpraksis. Ikke alene malede de naturen uden reference til historie eller mytologi, men de malede også under åben himmel og forlod atelierernes komfort. Det handlede ikke længere om at efterligne virkeligheden, men snarere om at gengive kunstnerens vision på lærredet. Det er årsagen til, at offentligheden og kunstkritikerne, som ikke forstod den nye kunst, kaldte det for “kruseduller”, som på børnetegninger. For dem var værkerne simpelthen ikke færdige.

Højdepunktet for impressionistisk maleri i Frankrig ligger mellem 1874 og 1882, hvor syv udstillinger blev organiseret. Selvom kunstnernes stil var meget forskellig, ligesom deres personligheder, dannede malerne en uformel gruppe præget af venskab og støtte. For eksempel købte maleren Caillebotte, som havde en personlig formue, malerier af sine venner. Fréderic Bazille betalte Monets gæld og tilbød Renoir at dele sit atelier.

For impressionisternes materielle situation var meget forskellig fra den, som malere i det 18. århundrede eller begyndelsen af det 19. århundrede havde kendt. De levede godt af bestillinger fra aristokratiet, gejstligheden og senere borgerskabet. Impressionisterne, der som Musée d’Orsay skriver var “sultne efter uafhængighed”, var også sultne i bogstavelig forstand, da mange næsten levede i fattigdom.

Men i slutningen af det 19. århundrede fik impressionismen en international dimension. I hele Europa, USA og endda Kina og Japan adopterede kunstnere de franske maleres metoder og forlod ateliererne for at male naturen, men også byernes modernitet. Og som vi ved, når impressionistiske maleres værker i dag uanede højder, som Monets maleri “Åkandedammen”, der blev solgt i 2023 for 74 millioner dollars.

“Paris 1874. Opfindelsen af impressionismen” kan ses fra 26. marts til 14. juli, Musée d’Orsay, Paris 7. www.musee-orsay.fr

Udover hovedudstillingen på Musée d’Orsay vil 78 værker blive fordelt på 34 museer i Frankrig og sendt til 13 regioner, fra Hauts-de-France til La Réunion.

 

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